Yin-Yang

Culture martiale traditionnelle et repères sur les accessoires magnétiques

La tenue du Kendo : élégance, symbolisme et armure traditionnelle

Armure complète de kendo bogu avec casque men et hakama posés sur un plancher de dojo traditionnel

Pénétrer dans un dojo de Kendo, c’est plonger dans un univers où le tintement des lames de bambou résonne avec une profonde sérénité intérieure. Au cœur de cette discipline ancestrale, l’habit ne fait pas seulement le pratiquant : il soutient sa posture, protège son intégrité physique et canalise son souffle. Revêtir l’équipement traditionnel est un véritable rituel de transition entre le tumulte du monde extérieur et la concentration du combat.

Les vêtements traditionnels : entre confort et philosophie

Avant d’endosser l’armure, le kendoka enfile deux pièces de tissu emblématiques, héritières directes de l’époque des samouraïs :

  • Le Keikogi (ou Kendogi) : cette veste épaisse en coton lourd offre une première couche d’amorti contre les frappes égarées. Traditionnellement teinte à l’indigo végétal (aizome), elle bénéficie des propriétés naturellement antibactériennes et apaisantes de cette plante sur la peau lors des entraînements intenses. Sa coupe croisée structure la carrure et maintient le buste droit sans entraver les mouvements d’épaules.
  • Le Hakama : cette large jupe-culotte plissée descend jusqu’aux chevilles. Au-delà de dissimuler le jeu de jambes pour ne pas dévoiler ses intentions à l’adversaire, le hakama joue un rôle ergonomique essentiel. En serrant fermement ses lanières (himo) autour des hanches, le pratiquant soutient son bassin et place sa conscience dans le hara, centre vital de l’énergie et de la stabilité. Les sept plis traditionnels rappellent également les vertus fondamentales du code d’honneur martial, telles que la droiture, le respect et la bienveillance.

Comprendre l’origine du kendo permet de saisir à quel point chaque couture de cette tenue a été pensée pour harmoniser la gestuelle et l’esprit du guerrier.

Le Bōgu : une armure protectrice pensée pour l’engagement total

Pour s’adonner pleinement aux assauts avec le shinai (sabre de bambou), le pratiquant s’équipe d’une armure complète appelée Bōgu. Conçue pour absorber l’impact des frappes les plus puissantes, elle permet d’engager le combat avec sincérité et sans retenue mentale.

1. Le Men (le casque protecteur)

Le Men protège le haut du crâne, les tempes et la gorge. Équipé d’une grille métallique en titane ou en duralumin (mengane) et de larges pans de tissu rembourré (mendare), il absorbe les chocs sur la tête. Avant de le poser, le kendoka noue autour de ses cheveux un tissu de coton nommé tenugui, qui absorbe la transpiration tout en amortissant les frottements.

2. Les Kote (les gants renforcés)

Ces épais gants matelassés en cuir de cerf ou en synthétique protègent les mains, les poignets et les avant-bras. Malgré leur robustesse indispensable face aux frappes franches, ils préservent la sensibilité tactile et la souplesse des poignets, essentielles pour guider le sabre avec précision.

3. Le Do (le plastron)

Moulé traditionnellement en lattes de bambou laqué ou en résine moderne, le Do recouvre le buste, le plexus et les flancs. Son galbe parfait dévie l’onde de choc vers l’extérieur pour protéger la cage thoracique lors des frappes latérales.

4. Le Tare (la protection pelvienne)

Composé de pans de tissu matelassé et articulé, le Tare s’attache à la taille pour protéger les hanches et le bas-ventre, sans gêner la flexion des jambes. C’est sur son panneau central que l’on glisse le zekken, une housse indiquant le nom du kendoka et son club.

L’harmonie entre le corps et la matière

Chaque session dans la pratique du kendo commence et se conclut par le soin apporté à ces éléments. Plier correctement son hakama, aérer son armure et respecter son équipement reflètent l’état intérieur du kendoka. En unissant la rigueur matérielle et la respiration, cette panoplie ancestrale offre un cadre sécurisant pour cultiver les apports du kendo : développement du calme mental, équilibre postural et alignement des énergies.

À lire aussi